Actualités

Une longue histoire française
04/05/2017 (12h09)
Une longue histoire française

La France s’apprête à accueillir pour la sixième fois les championnats d’Europe par équipes, anciennement connus sous le nom de Coupe d’Europe des nations. Une compétition dont elle n’a jamais organisé la nouvelle mouture mais qui a acquis ses lettres de noblesse dans l’Hexagone. Retour sur les exploits réalisés à Nice, Villeneuve d’Ascq, Paris et Annecy.

1975 à Nice
24h pour un sprint
L’enceinte a beau, à l’époque, s’appeler Stade de l’Ouest (aujourd’hui Charles-Ehrman), c’est bien l’Allemagne de l’Est qui impose sa loi sur les terres niçoises, lors de la cinquième édition de la Coupe d’Europe des nations. Avec des leaders de la trempe de la sprinteuse Renate Stecher ou du spécialiste du marteau Karl-Jans Riehm, elle l’emporte collectivement chez les hommes et les femmes, à l’issue d’un final à suspense. Mais c’est le 100 m masculin qui est resté dans les mémoires. Pas forcément pour le chrono réalisé, avec 10’’40 pour le Soviétique Valeriy Borzov et l’Italien Pietro Mennea. Mais pour l’après-course, puisque les officiels vont mettre vingt-quatre heures à départager ces deux grands noms de l’athlétisme. C’est finalement le premier nommé qui est classé en tête. Collectivement à la peine, la France, sous les yeux de plusieurs milliers de spectateurs, doit se contenter de la septième place chez les hommes et de la huitième chez les femmes. Seule éclaircie : la large victoire en 13’’57 d’un certain Guy Drut sur 110 m haies.

1995 à Villeneuve d’Ascq
L’envol du goéland

Vingt ans après Nice, la Coupe d’Europe des nations est enfin de retour dans l’Hexagone. Bien plus au nord, puisque c’est le stadium de Villeneuve d’Ascq qui accueille la compétition continentale phare par équipes. Une performance marque les esprits lors de cette compétition. Elle vient du triple saut masculin, avec l’inoubliable démonstration de Jonathan Edwards. Le Britannique à la somptueuse technique s’envole à 18,43 m. Une performance stratosphérique qui ne peut pas être homologuée, à cause d’un vent trop favorable (+2,4m/s). Dans un grand jour, Jonathan le Goéland décolle cependant dans des conditions régulières à 17,72 m, nouveau record national. Quelques semaines plus tard, il écrira à Göteborg, lors des Mondiaux, une des plus belles pages de l’histoire de l’athlétisme, en portant le record du monde à 18,29 m. Collectivement, l’Allemagne l’emporte chez les hommes mais se fait damer le pion par la Russie chez les femmes. La France, uniquement engagée chez les dames, termine au pied du podium.

1998 à Paris
L’athlétisme en capitale

Au tour de Paris d’accueillir la Coupe d’Europe des nations, pour sa vingtième édition. Une compétition sans grand suspense sur la piste du stade Charléty, avec deux équipes largement au-dessus du lot : l’Allemagne côté masculin et la Russie côté féminin. La domination des athlètes slaves est même outrageuse et se matérialisera par douze victoires collectives consécutives, entre 1997 et 2008. Seul le passage à un classement mixte, en 2009, mettra fin à leur mainmise sur le trophée continental. Dans ce contexte relevé, les leaders de l’équipe de France féminine, Christine Arron et Patricia Girard, tiennent leur rang et permettent aux Bleues de monter sur la troisième marche du podium.

2002 à Annecy
La France prend date

Pour la première fois, la Coupe d’Europe des nations pose ses cartons à Annecy, la Venise des Alpes. Les Bleus sont en verve à domicile et multiplient les coups d’éclat, à l’image d’un Grégory Gabella survolté, qui porte son record à 2,30 m à la hauteur pour décrocher la victoire. Ils s’offrent un double podium, avec le bronze chez les hommes et chez les femmes. Ils gagneront même un rang dans la première catégorie bien plus tard, suite à la disqualification pour dopage du Britannique Dwain Chambers. Les demi-fondeurs Mehdi Baala, Driss Maazouzi et Bouabdellah Tahri, ainsi que les sprinteuses Christine Arron, Muriel Hurtis et Patricia Girard s’imposent individuellement, annonçant la moisson à venir des Mondiaux 2003 de Paris Saint-Denis.

2008 à Annecy
La dernière à la maison

Retour à Annecy pour la vingt-neuvième et dernière édition de la Coupe d’Europe des nations, avant la naissance, un an plus tard, des championnats d’Europe par équipes. Les Britanniques sont sacrés chez les hommes, alors que les inévitables Russes remportent une douzième victoire consécutive chez les femmes. La France prend une belle troisième place dans l’épreuve masculine, en terminant sur les talons de la Pologne. A quelques mois des Jeux olympiques de Pékin, le grand public découvre sur 3000 m steeple le prometteur Mahiedine Mekhissi, qui s’impose avec panache. Même réussite pour le plus expérimenté Mehdi Baala sur 1500 m. Deux athlètes qui monteront sur le podium quelques semaines plus tard en Chine (a posteriori pour le second nommé, suite à la suspension pour dopage du Bahreïni Ramzi). La compétition se termine en feu d’artifice pour le plus grand bonheur du public, avec la victoire du 4x400 m masculin dans une ambiance survoltée !